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Actualités 12/02/2018

« Sevran, un point de départ pour changer la vie des clubs »

Interview de Jean-Philippe Acensi (co-organisateur des Etats généraux de la politique de la ville et fondateur de l’Agence pour l’Education par le Sport).

© DR

Le 16 octobre dernier, Grigny (dans l’Essonne) accueillait les Etats Généraux de la politique de la ville, co-organisés par l’Association des Maires Ville et Banlieue de France et Bleu Blanc Zèbre, présidée par Jean-Philippe Acensi. Lequel poursuit son « Tour de France des solutions » le 15 février à la Micro-Folie de Sevran (lire encadré) pour parler cette fois de sport et surtout proposer des actions concrètes autour de « ce qui marche localement et qui ne demande qu’à être dupliqué ailleurs ». Sevran, terre de nombreux champions et future terre d’accueil d’une vague de surf sur les terrains Montceleux, était donc l’endroit idéal pour lancer la vague d’un renouveau du sport et des clubs dans les quartiers. Explication avec Jean-Philippe Acensi.

Pouvez-vous nous résumer ce qui va se passer à la Micro-Folie de Sevran le 15 février prochain ?
Le rendez-vous de Sevran va être un point de départ pour recréer une ambiance, lancer une dynamique et impulser une envie autour de la place du sport dans les quartiers, trop souvent dévalorisée, alors que les disciplines sportives ont un incroyable potentiel éducatif. Donc, ce qui va se passer au cours de cette journée à Sevran sera le premier acte d’un futur plan national pour le sport dans les banlieues. Et là, tout est à faire en s’appuyant aussi bien sur les éducateurs, les champions issus des quartiers, les élus locaux, les responsables associatifs…

Quel est le constat de départ ?

Le constat, c’est que le sport est un secteur qui fonctionne très bien dans les quartiers dits en difficulté, qu’il produit énormément de champions, et vous êtes bien placé pour le savoir à Sevran, mais pourtant les associations sportives restent les parents pauvres de la politique de la ville. Les éducateurs ne sont pas reconnus, ils sont sous-payés et pourtant ils font un travail extraordinaire de formation comme chez vous au Sevran FC. Et, plus largement, dans la plupart des quartiers de France, les clubs sont très mal soutenus par les politiques publiques.

Que faire concrètement alors ?
Ce dont ont besoin aujourd’hui les clubs sportifs et de manière urgente ce ne sont pas de petits emplois à la sauvette… Il faut comme on a pu le faire il y a une quarantaine d’années avec les éducateurs de prévention embaucher et former massivement des éducateurs sportifs mais aussi mieux payer ceux qui sont actuellement sur le terrain. Parce que, je le répète, dans les quartiers les plus durs de France, il y a actuellement des éducateurs de haut niveau qui sont très mal soutenus et considérés. Il faut changer ça.

Quelle sera la mesure phare à mettre en œuvre d’urgence ?
Accompagner 400 à 500 clubs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Pas en distribuant 1000 euros par ci, 1000 euros par-là, mais bien en leur donnant les moyens de travailler dans des conditions décentes. Donc en payant décemment les éducateurs ! Parce que ces clubs sont aujourd’hui tout aussi importants que l’école. C’est au sein du club que tu apprends la diversité, le lien social, la maîtrise de soi, que tu te dépasses le jour du match et à l’entraînement.

Tout cela aura un coût…
Oui, nous sommes en train de le chiffrer : de 100 à 200 millions d’euros vraisemblablement. En mars, nous aboutirons à un plan chiffré et établi, que coûte que coûte nous allons mettre en place. Et soyons clairs : ce ne sera pas le énième plan pour la Seine-Saint-Denis ou les banlieues parce qu’il faut arrêter avec les colmatages à la va-vite des problèmes. Il faut des solutions. Aujourd’hui, il faut mettre le paquet sur le sport, surtout au moment où nous sommes en train de préparer l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. N’oublions pas que ce sont les clubs qui sont en train de former les champions de demain, qui sont aussi de possibles champions olympiques à Paris dans un peu plus de six ans.

 

Les solutions proposées
 
Par Julien Denormandie :
• « partir d’un constat sans concession et élaborer avec Jean-Louis Borloo (l’ancien ministre du Logement, à qui Emmanuel Macron a confié une mission sur les quartiers prioritaires de la ville, ndlr) et Jean-Philippe Acensi des solutions concrètes » 
 
Par Jean-Philippe Acensi :
• le recrutement de 5000 éducateurs sportifs de prévention qui s’occuperaient de 50 jeunes chacun, sur deux axes : l’insertion professionnelle et le décrochage scolaire
• la sanctuarisation du statut d’éducateur sportif
 
Par le maire de Sevran, Stéphane Gatignon : 
• une place centrale du sport à l’école en travaillant avec l’Education Nationale, notamment en faveur de la santé publique
 
Par Philippe Rio, maire de Grigny :
• la poursuite des « revendications de soutien aux clubs sportifs, de besoin d’équipements et de moyens financiers 
et continuer à dénicher les solutions ».
 
Les groupes de travail se poursuivent. Jean-Louis Borloo va rendre un rapport 
sur la Politique de la Ville au Président 
de la République.
 
Le « Tour de France des solutions » a continué le 27 février à St-Denis de la Réunion. A suivre...
 

Rendez-vous à la Micro-Folie le 15 février

Co-piloté par Stéphane Gatignon, maire de Sevran, Jean-Philippe Acensi (président des Zèbres, fondateur de l’Agence pour l’Education par le Sport) et Florence Portelli (maire de Taverny dans le Val d’Oise), les Etats Généraux de la politique de la ville côté sport prolongent l’appel lancé le 14 novembre dernier par le Président de la République Emmanuel Macron pour « déclencher la mobilisation générale pour ces quartiers qui concentrent toutes les difficultés ». Le 15 février à la Micro-Folie de Sevran, il s’agira donc d’enclencher le volet sportif d’un « plan de mobilisation générale de la Nation ». Comment ? En apportant des solutions pour le développement et l’accès aux équipements sportifs, l’insertion sociale et professionnelle par le sport mais aussi la préparation de Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 pour toutes et tous.
Responsables d’associations, élus, acteurs de l’éducation, anciens champions comme le boxeur Mayar Monshipour seront réunis l’espace d’une journée à la Micro-Folie où il y aura donc du sport…

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