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Actualités 12/02/2019

Avec FakeOff, l’information en question(s)

Jusqu’à l’été, ce collectif de journalistes sera en résidence. Il investira différents lieux de la ville pour décortiquer avec les Sevranais les façons de fabriquer l’information et la propagation des « fake news ». Conférence UPI (Université Participative Inter-âges) le 13 février à 18h à l'espace François-Mauriac.

© DR

Avertissement préalable : ce qui va suivre n’est pas une « fake » news, un anglicisme qui désigne, en résumé, un article qui se fait passer pour un article d’infos sans en être un. Le collectif de journalistes FakeOff – créé en 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et les théories complotistes qui les avaient accompagnés – sera bien en résidence les six prochains mois à Sevran. L’objectif est de « parler des médias à l’heure moderne, aider les Sevranais à comprendre comment ils fonctionnent et comment se crée l’information », explique Pierre-Hippolyte Senlis, journaliste et réalisateur, spécialiste de la question des migrations clandestines. Le plus simple pour vérifier la véracité de cette résidence sera encore de se rendre à l’un des nombreux rendez-vous* organisés par FakeOff, ou mieux, en participant à la résidence. « Ce qu’on va faire, c’est aider les gens à développer leur esprit critique face aux infos sur le web, un outil génial mais où on trouve tout et n’importe quoi », précise le reporter trentenaire.

Questionner sans tabous
Ateliers participatifs dans les maisons de quartier, conférences de l’université participative inter-âges, présentations de films vont donc être au programme. « L’idée, c’est aussi de mixer culture et questions de société, détaille Bruno Zappini, le directeur des Affaires culturelles de Sevran, qui coordonne la résidence. Et sur ce point, le projet séduit puisqu’on a beaucoup de sollicitations pour des interventions aussi bien du service Jeunesse, des maisons de quartier, de Sevran-Séniors… » Pour satisfaire les demandes, FakeOff s’appuiera sur son réseau d’une trentaine de journalistes animé par Aude Favre, présidente de l’association. Elle a aussi fondé la chaîne YouTube « Aude WTFake » (What the Fake) où elle démonte avec le sourire « les carabistouilles » de l’info. Des techniques auxquelles sera formé un groupe de jeunes sevranais, qui apprendra le processus de construction de l’info, mais aussi de prises de vue, afin de produire un reportage sur un thème choisi ensemble. Sans tabous : « On pourra se poser les questions qui pullulent sur la toile, du type « les journalistes sont-ils tous des vendus ? », détaille Pierre-Hippolyte Senlis. L’important pour nous est de responsabiliser sur le fait qu’on ne peut pas balancer une info sur internet sans en mesurer les conséquences et surtout la véracité. Mais, attention, on ne sera pas là pour faire la morale ! »

*Inscriptions aux ateliers et renseignements auprès des maisons de quartier et infos sur www.fakeoff.fr