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Culture 02/04/2019

Julien Leonelli : «  Un spectacle qui bouleverse et questionne »

Rencontre avec Julien Leonelli, à l'affiche de "Tout ce qui ne tue pas", la nouvelle création du Théâtre de la Poudrerie jouée à domicile chez les Sevranais jusqu'au mois de juin.

© Nataniel Halberstam

Jusqu’au mois de juin, Julien Leonelli est à l’affiche de « Tout ce qui ne tue pas », la nouvelle création du Théâtre de la Poudrerie jouée à domicile chez les Sevranais. Pour l’écriture, Valérie Suner, directrice du Théâtre de la Poudrerie et metteure en scène, et Dorothée Zumstein, l’auteure, ont rencontré une trentaine de jeunes hommes du territoire. Julien Leonelli nous en dit plus. 

Pouvez-vous nous présenter votre parcours en quelques mots ?

J’ai fais une école de théâtre, l’école Claude-Mathieu dans le 18e arrondissement de Paris. Ensuite, j’ai suivi beaucoup de stages et d’ateliers notamment avec l’ARIA (l’Association des Rencontres Internationales Artistiques, ndlr). C’est là que j’ai rencontré Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, avec qui je travaille actuellement. C’est par ce biais que j’ai fait la connaissance de Valérie Suner du Théâtre de la Poudrerie.

Pourquoi avez-vous accepté de jouer dans cette nouvelle création du Théâtre de la Poudrerie ?

J’avais déjà travaillé avec le Théâtre de la Poudrerie sur les « Portraits vidéo-théâtre » mis en scène par Christophe Moyer et Valérie Suner. Des habitants avaient été interviewés sur la thématique de la mémoire ouvrière. Ca a été une belle découverte. Le fait d’aller à la rencontre des gens, d’échanger et de travailler avec eux… C’est un théâtre qui m’est devenu indispensable et nécessaire.

Quelle a été votre première réaction en découvrant le texte ?

J’ai trouvé ce texte sublime. Les témoignages recueillis ne sont pas bruts, mais vraiment retravaillés. Il y a un apport artistique important qui sublime ces parcours de vie. On a besoin de cette poésie et de ces élans d’onirisme pour entendre cette parole qui est parfois difficile.

Qu’est ce qui vous a touché dans la thématique du spectacle ?

J’ai été très touché par ces parcours de vie bouleversants. J’étais face à ma propre ignorance, car ce n’est pas du tout mon milieu. A 36 ans, on peut encore découvrir des choses, détruire des préjugés. Le texte parle de ça aussi : ces 20 minutes qui séparent Sevran de Paris et ces fossés qui se créent au fur et à mesure du temps. Le titre c’est « Tout ce qui ne tue pas », de la célèbre phrase « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort » de Nietzsche. C’est ce que raconte le spectacle. Ce sont des parcours incroyables d’hommes qui après des moments difficiles ont réussi à se relever. C’est un voyage entre ciel et terre, entre histoires de vies et rêve, mené par deux agents du RER un peu fous.

Est-ce plus compliqué de jouer une pièce inspirée de la paroles d’habitants ?

On a une forme de responsabilité, on se doit de porter la parole de ces jeunes le mieux possible sachant qu’ils ont fait preuve d’un courage extraordinaire en se livrant à Valérie et Dorothée. Je ne sais pas si j’aurais eu ce courage. En tant qu’interprète, cet échange là est puissant et incroyable. C’est très enrichissant car ce sont des rencontres qui en tant normal n’existent pas. Le théâtre permet ces rencontres. C’est un théâtre plus juste et je veux en être.

Vous avez notamment joué devant les jeunes hommes qui avait témoigné pour l’écriture. Ce n’est pas trop compliqué comme expérience ?

C’est compliqué parce qu’il y a un rapport à la réalité qui nous dépasse, on est juste des comédiens et on travaille sur une matière extrêmement vivante. On a joué chez certains des jeunes hommes qui avaient témoignés, dans leur famille. Ca a été bouleversant. Ces gens là nous ont dit « Vous vous êtes emparés de nos vies et vous en avait parlé d’une manière magnifique ». C’est des échanges qui ont été très beaux. Ils ne sont pas sentis trompés par le texte. La représentation étaient très juste par rapport à ce qu’ils avaient vécus.

Quels sont les retours des habitants chez qui vous allez jouer le spectacle ?

Il y a un intérêt très fort pour ce spectacle, qui bouleverse et questionne. Pour certains spectateurs, ce sont des questions nouvelles, ils ne s’étaient pas imaginé cette vie là comme ça, sous cet angle là. Quels que soient les âges et les milieux, chacun peut s’y reconnaître. Après tout, on y parle de joie et de peine. Elle parle des jeunes hommes du 93 mais on peut tous se l’approprier si on décide de sortir un peu de sa zone de confort. C’est un petit risque à prendre mais que les gens prennent avec plaisir.

> En savoir plus sur le Théâtre de la Poudrerie 

Renseignements complémentaires

Tout ce qui ne tue pas est diffusée à domicile par le Théâtre de la Poudrerie jusqu'au mois de juin 2019.

Renseignements et réservation :

Théâtre de la Poudrerie
6, avenue Robert-Ballanger - Sevran
01 41 52 45 30 
www.theatredelapoudrerie.fr

Le théâtre à domicile, qu’est ce que c’est ? 

Il s’agit de représentations de pièces de théâtre qui ont lieu, non dans une salle de spectacles, mais dans un domicile privé : un appartement ou une maison. Le spectacle est gratuit, le Théâtre de la Poudrerie étant subventionné.

Pour accueillir gratuitement la pièce « Tout ce qui ne tue pas » chez vous, contacter le Théâtre de la Poudrerie au 01 41 52 45 30