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Sevran de 1914 à 1918

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Sevran de 1914 à 1918
Bienvenue sur notre mini-site consacré aux célébrations du centenaire de la Première guerre mondiale.

Vous y trouverez des informations sur les activités de la municipalité, des articles de fond mais aussi des actualités des associations.

Mais, ce site ne sera complet que s'il s'enrichit de vos témoignages et contributions. Vous voulez nous faire part de vos travaux, de ce que vos parents, grands-parents, arrières-grands-parents vous ont transmis ? Contactez-nous sur :

sevran-14-18@ville-sevran.fr

Car c'est de notre devoir que de rendre notre mémoire collective et commune vivante. A très bientôt !

 

 

Le 28 juin 1914 est assassiné l'archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire Austro-Hongrois et son épouse la duchesse de Hohenberg, par le nationaliste bosniaque Gustavo Princip à Sarajevo, au centre de la Poudrière des Balkans.



Quels facteurs sont à l'origine de cet attentat et pourquoi cet événement peut-il être considéré comme l'évènement déclencheur de la guerre ?

 

Alors que pour la plus grande partie de l'Europe des ethnies dominantes s'étaient constituées en nations et occupaient un territoire à peu près délimité, ce n'était pas le cas dans les Balkans.

L'aire géographique, majoritairement Slave, comptait d'autres peuples parmi lesquels les Roumains, Bulgares, Albanais et Grecs. Si la plupart étaient chrétiens, tous n'étaient pas de même confession : l'orthodoxie avait largement triomphé, mais Croates et Slovènes étaient catholiques et, après la conquête de la région par les Turcs en 1683, certaines populations s'étaient converties à l'Islam, en particulier en Bosnie-Herzégovine.

 

Un mouvement panslaviste se développe peu à peu et, en 1875, éclate une révolte en Bosnie-Herzégovine, suivie d'une insurrection bulgare en avril 1876 réprimée dans le sang par les bachi-bouzouks turcs. L'Empire russe, convaincu d'avoir un rôle à jouer dans la libération des peuples slaves encore sous domination ottomane, s'allie à la Roumanie, la Serbie et le Monténégro et déclare en 1887 la guerre aux Turcs. Ce conflit, appelé dixième guerre russo-turque, s'achève par la défaite de ces derniers un an plus tard. Un traité est d'abord signé à San Stefano, révisé lors de la conférence de Berlin réunissant Allemagne, Autriche-Hongrie, France, Grande-Bretagne, Italie, Empires russe et ottoman, à l'issue de laquelle, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie deviennent indépendantes, tandis que la Bosnie-Herzégovine est placée sous l'administration de l'Autriche-Hongrie. Les frontières nouvellement établies, visant à protéger les puissances occidentales contre le panslavisme et jouant de la diversité entre les peuples suscitent de profonds ressentiments.

 

Ainsi, les revendications territoriales et les sentiments nationalistes croissent, et pour le jeune royaume de Serbie désireux de rassembler tous les Slaves, le premier adversaire est l'Autriche-Hongrie. Celle-ci parvient à maintenir la Serbie dans une sorte de vassalité mais, en juin 1903, le roi Alexandre Obrenovic est assassiné, et avec l'arrivée au pouvoir du souverain Pierre Karageorgevic, le régime constitutionnel est rétabli, ce qui permet au parti radical vigoureusement nationaliste d'exercer le pouvoir. L'empire Austro-Hongrois devant nécessairement bloquer l'édification d'une Grande Serbie réagit en annexant la Bosnie-Herzégovine en 1908.

La seule direction d'expansion nationale pour la Serbie devient alors le Sud, celle de l'Empire ottoman. De plus, la révolution jeune-turque qui venait d'avoir lieu la même année inquiète, risquant de donner une force nouvelle à « l'Homme malade de l'Europe ».

La réaction ne tarde pas, et ainsi débute le 12 octobre 1912 la première guerre des Balkans dont la ligue balkanique (réunissant la Serbie, de la Bulgarie, de la Grèce et du Monténégro, appuyés par la Russie) sort largement vainqueur. La Bulgarie, qui conteste le partage de la Macédoine à l'issue de la signature du traité de Londres, entre en conflit avec une coalition formée de la Serbie, la Grèce, la Roumanie, des Turcs, et échoue. S'ensuivent les accords de Bucarest au terme desquels la Bulgarie perd une grande partie de ses conquêtes de la première guerre, partagées entre les vainqueurs. L'Empire ottoman retrouve Andrinople (province limitrophe entre la Bulgarie et la Grèce) et la Roumanie annexe la Dobroujda du Sud (région de la Bulgarie).

 

Si les guerres balkaniques montrent l'existence d'une poudrière, le conflit était resté relativement circonscrit du fait des intérêts contradictoires des grandes puissances. Le détonateur allait se trouver en Bosnie-Herzégovine où, en dépit d'une amélioration des conditions matérielles sous l'administration autrichienne, les sentiments nationalistes n'avaient pas faibli. Les Serbes, largement majoritaires (44% de la population), ainsi que les croates et musulmans trouvaient mal leur place dans le mouvement national.

Lycéens et étudiants qui souvent poursuivaient leurs études à Belgrade dans la Serbie indépendante, porteurs d'un grand élan national, se rassemblaient dans une constellation de petits groupes formant le mouvement Jeune Bosnie. Si leurs idées divergeaient, elle se rejoignaient sur un point : la nécessité de chasser les Autrichiens.

Gavrilo Princip, jeune étudiant de 19 ans membre d'un de ces groupes, apprend la venue le 28 juin 1914, date fétiche du nationalisme serbe (anniversaire de la défaite de Kosovo devant les Turcs), de François-Ferdinand, héritier du trône Austro-Hongrois à Sarajevo, capitale de la Bosnie.

Parvenant à inspirer confiance aux dirigeants de la Main noire, organisation secrète serbe dirigée par l'un des assassins du roi Obrenovic, les conjurés obtiennent des armes et réussissent à accomplir leur projet au-delà même de leurs espérances puisque Princip parvient à tuer l'archiduc mais aussi sa femme.

Une enquête est rapidement menée et si elle montre l'innocence du gouvernement Serbe, les armes et les conjurés venaient bien de Serbie. C'étaient là des motifs suffisants pour que les dirigeants Austro-Hongrois exercent une pression sur le gouvernement félon et lui faire cesser ses excès nationalistes.

Restaient quelques obstacles à surmonter, lesquels seront rapidement levés, et par un jeu d'alliances, l'incendie va rapidement s'étendre.

Voir aussi : Première Guerre balkanique