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Sports 05/11/2010

Teddy Tamgho joue les fils de l'air

Né à Paris, grandi à Rougemont, sacré au plan mondial cet hiver au Qatar, le triple sauteur a rejoint en octobre l'Espagne et un entraîneur cubain. Une trajectoire tout en rebonds.

17 juillet 2009, stade de France.
© Stephane Kempinaire / DPPI

A 21 ans, Teddy Tamgho, a déjà un palmarès bien fourni. Depuis mars dernier, il est l'actuel détenteur du record du monde en salle du triple saut avec 17,90 m. Il a aussi dominé en 2010, la saison des meetings internationaux : la prestigieuse Ligue de Diamant. Ce qui ne l'a pas empêché de s'exiler en octobre en Espagne pour s'entraîner avec un coach cubain. L'objectif de l'ancien élève du collège Paul-Painlevé ? Rafler le titre olympique lors des JO de Londres 2012.

Vous avez quitté la région parisienne, début octobre, pour Alicante en Espagne et un entraîneur cubain Ivan Pedroso, comment se passe l'adaptation ?
Ça va, je commence à me débrouiller en espagnol, je l'avais étudié à l'école et je m'y suis remis avant de partir. Pour ce qui est de l'entraînement, on a commencé par une grosse préparation physique, alors je souffre !

Quel rapport entretenez-vous avec Pedroso, celui du maître et de l'élève ?
Non ! Ivan est un humain, il est comme tout le monde. Son palmarès, sa carrière immense (NDLR. Champion olympique du saut en longueur en 2000 aux JO de Sydney) ne l'empêchent pas d'être quelqu'un de très humble et de très ouvert.

Justement, il vous ouvre d'autres horizons en vous proposant de vous mettre aussi à la longueur en plus du triple saut ?
Oui, Ivan pense que je peux aller très loin en longueur... Mais, il faut en rediscuter. En tout cas, si je double les deux disciplines, c'est pour être parmi les meilleurs...

En attendant, avec tous ces changements, Sevran doit vous paraître un peu loin ?
Un peu, oui parce que j'arrive dans un nouveau monde, un nouveau fonctionnement. Mais, Sevran reste ma ville. Et Rougemont, mon quartier, celui où j'ai grandi avec mes potes. Et comme ma mère y vit toujours, j'y reviens régulièrement. Quand j'étais à Paris, c'était pareil, j'avais beau être à l'INSEP (l'Institut National des Sports dans le Bois de Vincennes) je revenais le plus souvent possible à Sevran. J'y ai mes attaches, comme à Aulnay-sous- Bois d'ailleurs.

Votre vie longtemps été partagée entre Sevran et Aulnay ?
Oui, par la force des choses. Quand mes parents se sont séparés, je me suis retrouvé à cheval sur les deux villes. J'ai connu parexemple le collège Paul-Painlevé à Sevran et le lycée du Parc à Aulnay. Et, si j'ai fait de l'athlétisme à Aulnay-sous-Bois, c'est qu'il était plus pratique pour moi de me rendre au stade du Moulin Neuf à Aulnay. Par la suite, je dois le dire, je regrette un peu que les deux villes ne m'aient pas plus soutenu quand j'ai émergé chez les juniors. Mais, il y a sûrement des explications, je ne m'arrête pas sur le passé, je veux aller de l'avant. Et puis, je le répète, Sevran comme Aulnay resteront, quoi qu'il arrive « mes villes ».

Sevranais comme Aulnaysiens pourront en tout cas vous revoir en piste à Paris- Bercy en mars 2011 pour les Championnats d'Europe en salle ? Ce sera un rendez-vous important pour mesurer votre progression ?
Ce sera effectivement un gros test pour mesurer comment j'assimile l'entraînement en Espagne, mais ce que je veux surtout, c'est être le meilleur aux Jeux olympiques de Londres en 2012. Les JO, c'est l'évènement que personne n'oublie, alors je ne veux pas me louper.


Sevran le journal n°90 / novembre 2010 - 15