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Présentation de la ville

Histoire et patrimoine

Sevran, du passé au présent...


L’étymologie

L’étymologie de Sevran n’est pas établie avec certitude. Le nom pourrait dériver de « severanum » qui signifie « le domaine de Severus » en référence à la présence dans la région d’une ferme gallo-romaine. C’est au cours du VIIIème siècle qu’apparaît la mention écrite du village « Ciperente », à travers le testament de dame Ermentrude, alors propriétaire terrienne de la région. Des documents permettent de suivre l’évolution étymologique : en 1089 « Ceverencus », en 1168 « Ceverents », en 1237 « Ceverent », en 1243 « Cevran », l’appellation la plus proche de celle d’aujourd’hui.

Une origine mérovingienne

C’est vers l’an 700 qu’est mentionné de manière écrite le nom du village Ciperente. L’agglomération ne compte alors que quelques habitations paysannes. Des sarcophages en plâtre mis à jour en 1984, près de l’église, corroborent l’origine mérovingienne de la ville. Les maisons étaient construites au bord du ruisseau « La Morée », aujourd’hui canalisé. Le village s’ouvrait alors sur la plaine de France et favorisait la culture des céréales et de la vigne.

Le village sevranais

Au milieu du XVIIème siècle, Saint-Vincent de Paul séjourne à Sevran pendant quelques années. En 1644, le curé de Sevran baptise en l’église Charles Louis d’Orléans, fils du duc de Longueville, petit-fils naturel du duc de la Rochefoucauld. Erigée en marquisat en 1668, la famille Sanguin étend sa domination sur les terres sevranaises, un territoire qui compte des fermes importantes : Rougemont, Montceleux, la Fossée, les Beaudottes.

L’état des chemins, souvent empierrés, favorise le développement des liaisons et des liens sociaux avec les villages de l’Aulnoye et la Forêt de Bondy. Les mariages sont rares entre Sevranais et habitants des villages du Nord.

La Révolution n’enflamme pas la communauté villageoise. Toutefois, on note, dans le cahier de doléances établi le 2 avril 1789, que les habitants de Sevran demandent « la suppression du droit pour les fermiers d’occuper jusqu’à trois fermes et plus pour un seul, ce qui met la plus grande partie des ouvriers en grande servitude ». Le peintre Greuze illustre bien la grande pauvreté des paysans de Sevran par une gravure intitulée « La piété familiale ».

Le redécoupage administratif de la France révolutionnaire rattache Sevran au département de la Seine et d’Oise, district de Gonesse. En 1795, le district est supprimé au profit de la municipalité cantonale de Livry.

L’expansion sevranaise

En 1803, Napoléon Bonaparte, alors 1er Consul, ordonne le percement du canal de l’Ourcq. Pour cette occasion, il séjourne à Sevran. Le canal est ouvert à la navigation en 1822. La population de Sevran s’accroît (243 habitants en 1820 ; 318 habitants en 1837).

L’installation de la voie ferrée Paris-Soissons accuentue l’essor démographique. Malheureusement, cet élan, encouragé par la dynamique économique locale, est freiné pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Sevran connaît alors une période terrible. Les régiments prussiens et saxons se succèdent sur le territoire de la commune. Les saxons détournent les eaux du canal de l’Ourcq qui innondent la plaine au-delà du Bourget. Ils installent de l’artillerie à la Ferme de Rougemont et y construisent des redoutes. De leur côté, les soldats prussiens mettent le feu au village et détruisent un nombre important d’archives. A la fin du conflit, Sevran est ruiné. En septembre 1871, le maire écrit « la plupart des maisons n’avait plus ni fenêtres, ni parquets, ni persiennes, tout était brûlé ».

La population se relève. La dynamique démographique reprend. Plusieurs usines s’installent à Sevran : la Poudrerie Nationale en 1873, Westinghouse en 1891, Kodak en 1925. En 1914, la Poudrerie Nationale, au plus fort de son activité, emploie 3 300 ouvriers et fabrique 28 tonnes de poudre par jour.

La Compagnie des Freins Westinghouse s’installe en 1891 sur les terrains de l’ancienne forêt de Bondy.

Cette présence se conjugue avec l’existence de la voie de chemin de fer et du train qui permet aux Parisiens, déjà en quête d’air pur, de s’évader de la capitale. L’ensemble donne naissance au quartier de Freinville qui dispose d’une gare et d’une église, éléments marquants de son identité.

En 1900, Sevran compte 1 164 habitants. Dès 1906, les lotissements se multiplient et attirent une population ouvrière de plus en plus nombreuse. Le Sud de la commune, les quartiers de la mairie et de Pont-Blanc sont livrés aux lotisseurs qui découpent en parcelles les anciens espaces ruraux. Des cabanes, des abris et des pavillons pullulent. La crise urbaine entraîne le mécontentement des « mal lotis » pour lesquels le rêve laisse place à la désillusion. Sevran, lieu de contact entre la poussée urbaine, industrielle et la vie rurale, s’agrège alors à la « banlieue rouge ».

Sevran au cœur de l’Histoire

La seconde guerre mondiale marque l’histoire de Sevran.
La ville occupe une place importante dans la Résistance régionale. De nombreux résistants sevranais sont fusillés pendant l’Occupation. L’usine Westinghouse et la Poudrerie Nationale sont des phares de la lutte contre les Nazis.

En octobre 1942, 80 Juifs de Sevran et de la région sont parqués dans l’école Victor-Hugo. Les FFI et les troupes américaines livrent de violents combats du 27 au 29 août 1944 qui aboutissent à la libération de la commune.

Après la guerre, la ville poursuit son développement industriel et agricole. A la fin des années cinquante, la construction de l’hôpital intercommunal Aulnay, Sevran et Villepinte est achevée. Pour palier le déficit de logements en région parisienne, une vague de constructions mobilise la ville. Jusqu’en 1975, à l’instigation de l’Etat, le nord de la commune s’urbanise massivement. Le logement collectif et social explose (cités Perrin, Rougemont, Logirep en 1968, ZAC des Beaudottes en 1975, Montceleux en1976, résidence Isabelle en 1977).

De nombreux établissements scolaires sont construits : le collège Paul-Painlevé, les groupes scolaires Nobel, Curie, Saint-Exupéry, François-Villon, le collège Evariste Gallois. Le centre commercial BeauSevran sort de terre, desservi par la gare des Beaudottes, située sur la nouvelle antenne souterraine du RER reliant Paris à Roissy-en-France. Un espace pavillonnaire (le quartier des Sablons) se développe.

Une ville en devenir

Une phase de désindustrialisation touche Sevran. La Poudrerie Nationale ferme en 1973, les laboratoires Kodak en 1993, l’usine Westinghouse en 1995. Malgré la création de zones d’activités artisanales et de PME (Petites et Moyennes Entreprises), Sevran souffre de ces pertes d’emploi. La reconversion des sites industriels fait l’objet de réflexions. Aujourd’hui, la Poudrerie offre aux Sevranais un espace de vie et de loisirs. De ces cendres industrielles, s’élèvent aujourd’hui un parc national forestier de 116 hectares et un musée installé dans un bâtiment de l’ancienne usine.

Après des années d’attentes, le rachat des terrains Kodak par la société a permis la démolition des bâtiments et la dépollution de l’ensemble du site, à l’instar de la ZAC Westinghouse qui voit son aménagement évoluer.

Implantation de nouvelles zones diversifiées et mixtes d’activités artisanales et commerciales, d’espaces verts ou d’équipements publics… A Sevran, les projets ne manquent pas. Leurs objectifs ? Valoriser le potentiel de la ville et écrire avec l’ensemble des Sevranais de nouvelles pages.